Les suites de ma césarienne [Maternité]

J’avais promis à une copinaute de relater mon expérience personnelle des suites de césarienne.  Mais ça fait un bail, elle a déjà accouché !!!

Enfin, peut-être que mon témoignage sera un peu utile à des futures « césarisées ». 😉

Césarisée je suis, oui. Un comble pour une accouchée n’ayant pas vraiment été « actrice de son accouchement » !

D’où vient ce nom, d’ailleurs ? Contrairement à la légende, le terme ne vient pas de Jules César (qui n’est pas né par césarienne) mais du verbe latin caedere qui signifie « couper ». La césarienne est une intervention chirurgicale qui consiste à extraire un enfant de l’utérus maternel par incision des parois abdominale et utérine. {Source : Césarine – Histoire de la césarienne}

Ma césarienne a été quasiment idyllique : programmée le matin-même pour l’après-midi, donc sans aucune douleur de travail, dans le calme et la bonne humeur.

Seule ombre au tableau : mon mari n’a pas été autorisé à y assister…

On déprécie parfois les accouchements par césarienne car on entend beaucoup parler de « césariennes de convenance ». Je ne lance pas de débat à ce sujet. Vous trouverez toutes les informations utiles et officielles sur l’excellent site Web Césarine qui dresse un état des lieux de la césarienne en France et ailleurs.

Mais aujourd’hui, je voudrais témoigner de « l’après ».

Les premières minutes

Après les deux petits bisous déposés sur le visage et la menotte de mon cigogneau, on l’emmène faire du « peau à plumes » avec son papa Ciconio. La gynéco Dr Dynamique me recoud en précisant qu’elle me fait une jolie cicatrice. Je réponds que ce n’est pas le plus important (je suis tellement heureuse d’avoir enfin accouché de mon bébé en bonne santé !), mais elle rétorque que je pourrai retourner à la plage en bikini et que c’est important quand même. De toute manière, cette cicatrice est masquée par le slip de bain. Exit les cicatrices d’antan qui allaient du pubis au nombril ! Aujourd’hui, la cicatrice est horizontale et se trouve à l’orée du bois 😉

En salle de réveil

Je suis restée en salle de réveil avec BBBB et Ciconio pendant 5 bonnes heures. Avant de retourner dans ma chambre, on m’a demandé d’essayer de me lever, ce que j’ai fait sans trop de problèmes… à la grande stupéfaction des sages-femmes présentes ! En fait, avec le recul, je me suis rendue compte que l’anesthésie faisait encore effet le soir de la césarienne. Car le lendemain a été bien différent.

Là, j’ai compris. J’ai compris pourquoi les sages-femmes s’étaient autant étonné de me voir faire le tour du lit en salle de réveil comme si de rien n’était. Pour moi, la douleur n’a pas été continue, mais fulgurante et assez inattendue. En fait, j’ai dû apprendre à « bouger différemment » car le moindre étirement des abdominaux sectionnés entraînait une sensation de brûlure, surtout à gauche en ce qui me concerne. Tant que j’arrivais à me mouvoir sans solliciter le ventre, tout allait bien.

Vive le harnais situé au-dessus du lit d’hôpital, qui aide bien à passer de la position allongée à assise, et vice-versa, notamment pour allaiter.

J’ai dû me lever le lendemain soir de la césarienne, car on attendait de moi que je refasse pipi normalement ! Elle ont dû insister car je n’en ressentais pas l’envie. J’ai eu peur qu’on me remette une sonde alors je me suis forcée à me lever pour y aller.

J’ai compris ma douleur en sortant de mon lit. Déjà toute une histoire ! Ensuite, j’ai parcouru la chambre à petits pas telle une mémé de 90 ans, courbée en deux. Arrivée aux toilettes, je me suis demandée comment j’allais faire !!! J’ai maudit le fait d’être une fille. Pisser comme un garçon aurait été bien plus facile, j’aurais pu rester debout ! Enfin, si j’étais un mec, je ne serais pas là, le ventre coupé, à souffrir. Mais ceci est un autre débat.

J’ai pensé une seconde à pisser dans la douche, mais c’est dégueulasse, alors j’ai évité. Mais à tous les coups, il y en a qui le font, j’en donnerais mon ventre ma main à couper !

Enfin, à la guerre comme à la guerre, je me suis hissée tant bien que mal sur la lunette et j’ai serré fort, très fort la barrière handicapé en gémissant de douleur. Discrètement quand même, je n’avais pas envie de voir débarquer toute la clique, j’avais déjà assez exposé mon intimité…!

En tous les cas, je vous passe les détails, mais j’ai réussi. Il a fallu me rhabiller sans omettre les magnifaïques bas de contention, et retourner au lit. Même parcours du combattant, mais inversé !

Mais au moins, les dames ont été contentes de pouvoir cocher la mention « a fait pipi » dans mon dossier et moi de ne pas avoir à subir la pose d’une autre sonde et le risque d’une infection urinaire.

Au fil des jours

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est qu’on retient très vite les mouvements à faire — et surtout ceux à éviter — pour ne pas se faire mal et éviter cette foutue sensation de brûlure.

Ce qu’il est difficile d’éviter, c’est la douleur qui survient quand on éternue ou qu’on éclate de rire. On fait ce qu’on peut : on se tient le ventre, on retient son souffle… 😀

Pour nous soulager, on nous prescrit de l’ibuprofène et du paracétamol en alternance. Pas miraculeux, mais ça soulage un peu quand même. Ce qui soulage le plus au fond, c’est le repos. C’est fou comme mes sensations étaient différentes selon qu’on était le matin ou le soir. J’avais bien moins mal le matin, et pourtant Dieu sait que j’ai mal dormi à la maternité ! Mon cigogneau tombait de sommeil, mais le bébé de la voisine hurlait jusqu’à 3 heures du mat’ et elle répétait « Emma, calme-toi, Emma, calme-toi… » Je la plaignais mais je me plaignais moi-même aussi car j’étais crevée et même pas à cause de mon bébé qui dormait déjà plusieurs heures d’affilée. C’était horrible. À 7h30, quand c’était enfin calme — j’exagère à peine –, on m’apportait le p’tit déj’ alors que tout ce que je voulais c’était DORMIR et QU’ON ME FOUTE LA PAIX 😉

Au fil des semaines

Je dirais que la cicatrice m’a fait mal pendant 10 jours, qu’elle m’a tiré pendant 3 bonnes semaines et que je l’ai sentie (sans douleur ni sensation d’étirement) pendant 5 semaines. Grosso modo.

Ensuite, plus rien, finito. Il ne reste que la vision de la cicatrice et le petit bourrelet au-dessus. On m’a conseillé de la masser (les premiers jours, je n’en avais vraiment pas envie, déjà la regarder c’était space !). On m’a conseillé de l’hydrater avec de la crème ou de l’huile. Entre nous, je ne l’ai pas beaucoup fait, par paresse, par fatigue, par oubli…

Aujourd’hui, 4 mois et demi plus tard, elle est toujours un peu rose, le bourrelet est toujours là, mais moins prononcé. Je n’ai pas encore retrouvé mes abdos (à voir si je me lance dans la rééducation abdominale). Au toucher, on la devine à peine.

Elle ne me dérange absolument pas.

Le sourire de mon enfant

Lors de la visite de sortie de la maternité, j’ai dit à Dr Dynamique que cette cicatrice ne me dérangeait pas, au contraire ! Pour moi, elle représente « le sourire de mon enfant » !

Césa

Bon, ceci n’est pas mon ventre, hein ! 😛 Mais la cicatrice est jolie ! 😉

C’est une formule qui lui a bien plu ! Ça ne m’étonnerait pas qu’elle la ressorte à ses patientes, d’ailleurs !

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