Quand j’ai rencontré mon petit… [Naissance]

Enfin, j’ai quelques instants et suffisamment d’énergie pour revenir vers vous et vous raconter son histoire… La venue au monde de mon petit garçon !

Rappelez-vous : deux semaines auparavant, la voie basse était possible.

Mais le samedi 5 décembre, j’avais — enfin, il avait — dépassé le terme de deux jours. Je devais donc me rendre à la maternité pour un monitoring et une nouvelle échographie…

C’est le week-end, ça tombe bien : Ciconio est enfin là après une semaine loin de la maison. Nous avons emmené les valises au cas où…

Arrivés à la maternité, le monitoring note que mon bébé n’aime pas trop les contractions, mais rien de bien grave. La gynéco Dr Dynamique arrive une bonne heure plus tard pour l’échographie. Très vite, elle nous dit que notre petit a encore grandi… même de la tête ! BBBB est toujours en siège — ça je le savais –, et du coup les nouvelles mesures ne me permettent plus d’accoucher par voie « naturelle ». Par ailleurs, le liquide amniotique se fait rare.

Ce sera donc une césarienne. Ce n’est pas urgent, mais elle nous annonce qu’il faudra la programmer pour le mardi suivant au plus tard.

Nous ne sommes pas choqués ; cela fait deux mois que nous nous préparons à cette éventualité, encore plus ces derniers jours en sachant que notre petit bout a fait du rab dans mon ventre. 😉

Elle nous demande quand nous souhaitons programmer la naissance en précisant que si l’anesthésiste est disponible aujourd’hui, on peut le faire cet après-midi.

Puisque Babybulle n’a plus trop de place ni de liquide dans mon ventre et qu’il n’aime pas trop les contractions, et que ce serait le jour idéal en ce début de week-end pour que Ciconio profite bien des premiers instants avant de repartir en cours lundi matin, nous décidons de ne pas attendre inutilement.

En fin de matinée, nous apprenons que tout est OK : l’anesthésiste a du temps l’après-midi. La césarienne est possible à 14h00, le temps que j’aie digéré mon petit déjeuner.

Nous sommes sereins tous les deux : nous allons rencontrer notre fils aujourd’hui même ! Après plus de deux mois d’incertitude, NOUS SAVONS ENFIN comment cela va se passer.

Le midi, on nous installe dans une chambre de naissance. Je n’accoucherai pas « normalement » dans cette pièce, mais tout ce qui m’importe, c’est la santé de mon bébé.

Ciconio a le temps d’aller manger un bout au centre-ville et d’aller chercher les valises pendant que je prends tout mon temps sous la douche… à la B*tadine ! Je ne vous raconte pas l’état de mes cheveux au séchage à l’air libre… Mais quelle importance, un jour comme celui-ci !

J’explique à mon bébé ce qu’il va se passer. Je me dis que même s’il ne comprend pas mes mots, il ressent sûrement les choses et comprend mes intentions…

Une jeune femme vient poser la sonde urinaire. Pas très agréable, j’ai l’impression d’avoir une cystite en fait ; ça brûle, mais c’est carrément supportable.

Puis très vite arrive le moment de la césarienne. Depuis le début, à la demande de Ciconio d’être présent au bloc, les gens répondent, « oui, si l’anesthésiste est d’accord, mais y’a pas de raison » alors on croit dur comme fer qu’il pourra m’accompagner. Seulement, l’anesthésiste (encore une femme avec un accent, mais pas la même que l’autre jour) est réticente car c’est « un beau bébé », et elle veut être à 100 % pour moi en cas de complications, sans avoir à gérer mon mari. Nous argumentons gentiment que Ciconio ne va pas tomber dans les pommes (eh oui, il en a vu des vêlages ! LOL), mais rien n’y fait…

Alors nous nous séparons à contrecœur à l’entrée du bloc… Je vois avec peine mon Ciconio les larmes aux yeux et je le rassure et l’encourage avec le sourire : je n’ai pas peur, tout va bien se passer et je compte sur lui pour bien câliner notre bébé et beaucoup lui parler avant mon retour. Un dernier bisou et c’est parti !

À partir de là, tout s’accélère. Il est 14h00 pile quand j’arrive au bloc et pendant une vingtaine de minutes, cinq personnes vont s’affairer autour de moi, telles des fourmis. L’infirmier anesthésiste joue le rôle d’accompagnateur psychologique, si je puis dire. Il me fait rire en appelant ma sonde « mon sac à main » et m’aide à adopter la bonne position pour la rachi-anesthésie. Pour voir si l’anesthésie fonctionne, on m’applique de l’alcool sur le corps et plus ça descend, plus la sensation de froid s’estompe. Plus tard, quand on me demande où on me touche, je réponds « la cuisse gauche, peut-être ? » et tout le monde éclate de rire. Je comprends alors que l’anesthésie est efficace et qu’ils vont bientôt pouvoir commencer.

Dr Dynamique me dit qu’elle me demandera symboliquement de pousser. Mais elle ne m’en reparlera pas et j’oublierai complètement de le faire au moment crucial. Pas grave 😉

Il est 14h21, j’entends « J’incise », ça y est, ils vont chercher mon bébé dans mon ventre. Je suis bien, j’espère que cela n’est pas trop violent pour lui… C’était ma plus grande peur concernant la césarienne : que cela soit violent pour mon bébé, pas préparé… Mais c’est pour son bien, alors…

Ensuite, j’ai l’impression qu’on me ballote dans tous les sens. Je ne sens rien mais il y a beaucoup de mouvement de l’autre côté du champ. Je suis impatiente…!

14h25 : j’entends les exclamations de l’équipe : « Ah oui, quel beau bébé ! » ; « Une belle tête de siège ! » ; « Il se porte bien ! »…

Un membre de l’équipe (je ne me rappelle pas lequel) me fait remarquer qu’un rayon de soleil a percé juste au moment de la naissance. 😀

Et enfin le premier cri de mon petit garçon…

Je demande s’il va bien, car je ne le vois toujours pas, le temps me paraît long… On me répond « oui » et on me l’amène enfin, enveloppé d’un drap, tout mouillé… Seules sa tête et sa menotte droite sortent du drap, il est encore plus beau que je ne l’imaginais… Déjà je constate qu’il a les mêmes cheveux que ses parents, noirs et qui frisottent avec l’humidité… ❤

Ce qui restera gravé en moi à jamais, c’est son regard éveillé, inoubliable, planté droit dans le mien. Comme s’il me reconnaissait ! Ses grands yeux noirs qui me fixaient…

J’ai eu le temps de l’embrasser sur la tête et la menotte, puis il est parti rejoindre son papa pour un moment de complicité « peau à poils »…

Je n’ai même pas « pensé » à pleurer, j’ai juste affiché un sourire béat jusqu’à ce que je rejoigne mes deux hommes.

Babybulle était bien avec son papa. C’était magnifique à voir.

On l’a posé sur moi… Nous étions enfin réunis.

Enfin, il est là… Depuis le temps qu’on l’attendait…! Ce petit bonhomme a changé notre vie !

❤ ❤ ❤

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J 260 / 39 SA / 37 SG… En attendant… [Grossesse]

Cela fait désormais 3 semaines que je suis en vacances. Oui, en vacances et pas encore en congé de maternité officiel. Ce dernier commence samedi (je bosse en libéral et on peut prendre son congé mat’ au plus tard 14 jours avant la DPA).

Depuis la Toussaint, j’alterne donc entre des moments d’hyperactivité — pas toujours bien placés dans le temps — par exemple au tout petit matin, après la pause pipi de 3 heures du mat’… quand Babybulle le coquin appuie à fond ses petits petons sur mon col ou ma vessie et sa tête sous ma côte droite… et des moments de fatigue intense, qui coïncident souvent avec des douleurs ou des contractions…

Alors je fais des trucs chelous de MILK…:

  • Je pioche des idées cadeaux pour Babybulle ça et là sur le net pour avoir une petite liste de naissance (à la demande de quelques personnes)…
  • Je suis activement les Maternelles, surtout « 9 mois à la maternité » (même si je la regardais déjà un peu avant)…
  • Je passe du temps devant la télé, musique, bouquins…
  • Je retrouve le temps de faire des mots fléchés…
  • J’ingère des granulés d’homéopathie pour préparer le jour J et accoucher en toute sérénité — on y croit –…
  • Je porte fréquemment ma ceinture lombaire de grossesse, véritable amie depuis la moitié de la grossesse pour pouvoir continuer à porter mon beau bébé et les kilos qui vont avec…
  • Je mets de l’huile sur mon périnée et je le masse… Je le contracte comme je peux…!
  • Je continue à appliquer de l’huile sur mon ventre en espérant qu’il ne craque pas maintenant (ni après !)…
  • Je m’hydrate de tisane de framboisier et je me nourris de dattes pour faciliter le travail de l’accouchement…
  • Je modifie la composition de ma valise de maternité, pourtant prête depuis un bon moment…
  • J’agrémente ma playlist…
  • Je détourne les yeux quand les passants regardent fixement mon ventre (sérieux, les gens n’ont jamais vu une femme enceinte avant moi ???!!!)
  • Je cogite…
  • Je vais dans la future chambre de BBBB et je regarde ses affaires d’un air niais…
  • Je réponds aux messages des proches curieux qui veulent savoir si je suis toujours là…
  • Je pense déjà avec nostalgie à la dernière séance de préparation à l’accouchement qui a lieu demain matin…
  • Et surtout… Je savoure les mouvements de mon tout petit, tant qu’il est dans mon ventre… Babybulle, tu peux attendre le terme, je ne suis pas si pressée… ❤

 

128 jours, 20 SA + 1, début du 5e mois – ¡Qué calor! [Grossesse]

Un petit coucou de mes montagnes où le thermomètre a tant grimpé dernièrement, comme partout en France ! J’ai une grande maison ancienne dont les murs sont très très épais, mais la chaleur a fini par s’accumuler tout de même et j’ai un peu souffert de cette ambiance caliente, notamment sur les coups des 16 heures qui rimaient avec douche et/ou brumisateur ! Du coup, je sortais le soir après 21h00 : j’en profitais pour arroser mes fleurs et le jardin, observer les étoiles et la pleine lune. Notre jardin s’améliore petit à petit, alors j’adore y passer des moments de détente « à la fraîche ». Le thermomètre s’est calmé, même si on attend toujours la pluie pour les pauvres plantes et arbres… Les orages annoncés sont tous passés à côté, c’est bien la première fois qu’on pleure pour avoir une bonne drache, comme on dit chez moi.

Sinon, je vais bien. Côté physique : c’est parfois un peu déroutant. Ma façon de marcher a déjà changé, c’est qu’il pèse, BBB ! Je suis assez légère au départ, alors forcément, les kilos de plus, je les sens déjà. Et c’est pô fini ! 😉 Mon ventre a bien grossi (on dirait qu’il gonfle d’un coup, par étapes, comme si quelqu’un actionnait une pompe de l’intérieur). Je ne passe plus inaperçue, surtout avec les vêtements d’été. Les gens ne me regardent plus dans les yeux (j’ai dit dans les yeux), mais au niveau du nombril. Des personnes qui ne me parlaient pas au cours de yoga m’ont demandé comment ça allait, posé des questions… Ma voisine me donne des conseils non sollicités… A l’écouter, je devrais rester allongée sans rien faire toute la journée ! Je me trouve déjà super calme et tranquille, il ne faut pas exagérer non plus.

Le rendez-vous de suivi du 4e mois s’est bien passé : le col était bien fermé, la hauteur utérine correcte et les battements de ❤ de BBB bien dynamiques. Les PDS et l’analyse d’urine étaient bonnes.

Seul hic : des douleurs aux côtés (à gauche) depuis 2 semaines, que j’attribue d’après mes lectures au grossissement de l’utérus qui pousse la cage thoracique. Ce n’est pas permanent, mais ça arrive sans crier gare, notamment pendant le travail. J’ai aussi parfois une sorte de douleur de type sciatique dans la fesse droite quand je reste longtemps assise. Du coup j’alterne entre siège et ballon de Pilates… L’autre jour j’avais même envie de taper à l’ordinateur debout, mais je ne suis pas équipée pour… Une idée à creuser, cependant.

Enfin, tout ça m’oblige à faire davantage de pauses pour m’étirer et pratiquer une ou deux postures de yoga appropriées. Ça me soulage sur le moment, mais ça revient comme Clo Clo. Sur les bons conseils de Margou — que je remercie –, j’ai donc commandé entre autres un bouquin de Bernadette De Gasquet qui me guidera plus en détail dans les postures « yogiques » destinées aux PB pour me soulager de ces désagréments. C’est que je ne suis même pas au milieu de ma grossesse — enfin presque –, alors je ne veux pas me laisser bouffer par des douleurs sans rien faire…!

En revanche… Côté moral : excellent ! Depuis que je suis enceinte (enfin, depuis que je suis rassurée sur le bon déroulement de ma grossesse !), j’ai l’impression de savourer la vie deux fois plus. Je revis. C’est comme si pendant 3 ans et demi, ma vie s’était mise entre parenthèses à attendre ce grand événement, même si la première année on n’avait pas encore trop de pression.

C’est un réel bonheur de pouvoir se projeter en réfléchissant à la liste de naissance et à la vie quotidienne qui nous attend ! Dans 2 semaines, nous saurons si Babybulle est une petite ou un petit ! Ses mouvements de plus en plus précis m’aident à patienter, ainsi que les semaines bien chargées niveau boulot, les week-ends de détente au grand air et toutes les joies de l’été. Le mariage de mon frère a lieu dans quelques jours : l’occasion de revoir une grande partie de la famille et des amis, dont certains auront traversé l’Atlantique. J’ai hâte ! J’ai enfin la tenue complète que je porterai au mariage. Mais je vais devoir trouver en vitesse un soutif plus grand que la brassière de mémère que je mettais jusque-là car mes boobs ont eux aussi grossi — encore — !

Pour ce qui est des achats : profitant des soldes, nous nous sommes lancés dans la commande d’un trio poussette/nacelle/siège-auto tout terrain à 3 roues. 😀 On a kiffé de donner nos critères respectifs et de comparer les produits sur le net. Ciconio l’a même essayée en magasin pour voir si elle lui convenait. J’ai pour ma part commandé un haut d’allaitement et un pyjama d’allaitement pour leurs prix attractifs. Nous n’avons encore rien acheté pour le bébé comme vêtements car je n’ai pas encore finalisé la liste des achats à faire cet été. Notre BBB sera un bébé d’hiver, alors les habits d’été, ce n’est pas trop la peine. C’est pour ça que je dois me concentrer sur les habits convenant à toutes les saisons et je ne suis pas encore très au point devant la myriade de produits proposés. Enfin, j’ai plusieurs documents et ouvrages qui vont m’aider à le faire ce week-end. 😀

Fin juin, nous sommes allés voir l’une des sages-femmes libérales qui se chargeront de ma préparation à l’accouchement. J’ai choisi ce cabinet pour pouvoir bénéficier de leurs séances de relaxation, de sophrologie et d’eutonie. Le courant est très bien passé avec cette jeune femme et j’étais presque déçue de savoir que je n’allais pas commencer la préparation avant début octobre (à raison d’une séance hebdomadaire). Je suis persuadée qu’en ce qui me concerne, j’aurai besoin de fortifier mon mental pour faire face à ce grand événement qu’est l’accouchement. J’ai failli mourir à ma naissance et pendant des années, j’ai eu peur d’accoucher (enfin, d’être en danger et surtout de mettre en danger mon bébé). Cette peur s’est atténuée pendant mes années d’infertilité, mon désir d’enfant a dépassé ma peur d’enfanter, mais je trouve bien d’apprendre les clés pour me détendre le jour J afin que tout se passe au mieux.

L’autre nuit, j’ai en quelque sorte revécu ma naissance dans un rêve, métaphoriquement : j’étais dans une grotte, dans une cavité très étroite mais où je tenais debout. Je ne suis déjà pas trop à l’aise dans ce genre de lieu étroit, mais ça allait jusqu’à ce que je me rende compte que je devais m’allonger pour passer par un trou étroit afin de rejoindre la salle suivante. Je commençais à baliser en pensant que je n’y arriverais jamais quand des voix de plusieurs personnes provenant de l’autre côté de la paroi m’ont vivement encouragée à venir. Elles m’ont assuré que j’allais y arriver, que je pouvais le faire et qu’il suffisait de prendre mon courage à deux mains. J’ai donc respiré un bon coup et j’y suis allée. Le passage a été délicat, mais comme je savais qu’on m’attendait à la sortie, j’ai fait des efforts, et j’ai réussi sous les bravos et les applaudissements de mes supporters ! 😉 Peut-être ai-je ressenti ces émotions lors de ma propre naissance ? En tous les cas, ce rêve m’a marquée et je me suis dit que si j’en avais la force, j’encouragerais mon petit bébé lors de sa naissance, car lui aussi va devoir faire des efforts pour venir 😀

Demain, mercredi 8 avril 2015 [Grossesse]

Alors que mon blog a fêté ses 1 an la semaine dernière…

Je revois le chemin parcouru, qui paraîtrait si long et ardu pour les fertiles et doit sembler relativement court et pas si difficile pour certains infertiles…

Je vois le chemin restant, encore très long et incertain, mais je me dis « il n’y a pas de raison que ça ne se passe pas bien »… 😉

Dernièrement, la roue a commencé à tourner avec un beau + il y a 15 jours.

Et l’échographie est prévue demain matin. Pourvu que tout aille bien…

Concernant l’adoption, la roue commence à tourner aussi avec un rapport FAVORABLE du nouveau psychologue, que j’appellerai définitivement ❤ M. Bénéfique ❤ [Prends ça dans les dents, Maléfique !!!].

Nous allons consulter son rapport demain matin avant d’aller faire l’échographie. Je préfère cet ordre, au cas où…

Côté santé, ça va à peu près, à part de petits désagréments liés à la grossesse, mais je ne me plains pas. Si mal digérer, mal dormir, me sentir faible et empesée, avoir le tonus d’un mollusque, avoir l’utérus qui semble se contracter en cas de mouvement rapide ou de tensions, avoir des s*ins sur le point d’exploser, etc. signifie que tout se passe bien, alors ne changeons rien !

Je pense toujours à vous tous, notamment à ceux qui viennent de subir un échec de plus… 😦

Si c’était en mon pouvoir, j’aurais joué les contrôleuses SNCF et je vous aurais déjà placés dans le train du matin depuis belle lurette… ❤

Let It Happen [Grossesse]

Comment vous dire… Les mots me manquent, non seulement pour décrire ce qui nous arrive, mais aussi et surtout pour m’assurer de ne blesser personne parmi mes lecteurs…

Alors pardonnez-moi si cela vous semble direct, voire brusque, mais depuis hier matin, bien que j’aie tourné et retourné des tas de phrases dans ma tête, je n’ai pas trouvé la bonne façon de vous l’annoncer.

Nous sommes en train de vivre un miracle de la vie : ne voyant pas J1 arriver, j’ai fini par faire un test urinaire hier matin, qui s’est avéré positif…! Ciconio et moi avons du mal à réaliser, nous passons d’une seconde à l’autre de l’espoir le plus fou à l’angoisse la plus profonde. Notre réaction est bien différente de celle que nous avions eue pour notre premier bébé. Le fait qu’il nous ait été enlevé si vite nous fait craindre de revivre ces horreurs une deuxième fois.

Mais nous essayons de savourer cette nouvelle ô combien surprenante et belle, de rester zen et de vivre un jour à la fois.

J’espère de tout mon cœur ne pas vous avoir fait trop mal avec mon post. J’ai tellement peur qu’il vous fasse l’effet d’une bombe ou d’un coup de poignard en plein cœur. Il y a tant de belles personnes que j’apprécie sur cette blogosphère…!

Je pense naturellement à celles et ceux qui sont encore sur le quai, et particulièrement à ❤ P’tit Bichon ❤ à qui j’avais promis qu’on se soutiendrait mutuellement pour l’IAC3, qui devait tomber à la même période. Je te soutiens, ma belle, en tout cas.

Je suis consciente que, même si cela fait plus de 3 ans et demi qu’on est en essai et que j’ai subi une fausse couche, je n’ai pas galéré autant que beaucoup d’entre vous. Je ressens une certaine culpabilité pour tout vous dire… Cette loterie est tellement injuste !

Je me retrouve à bord du train sans vraiment me rendre compte d’y être montée. Le plus incroyable, c’est que je n’aurais pas parié un kopeck sur ce cycle de pause, les conditions ne semblant pas être réunies pour obtenir un plus… Comme quoi…

Je ne souhaite pas chercher la cause de ce succès, physique ou psychologique, je voudrais juste réaliser pleinement ce qui m’arrive, déjà…

Je ne sais même pas trop quoi faire, car autant les instructions sont claires suite à une IAC concernant la prise de progestérone, l’ordonnance pour la prise de sang, etc., autant là, vu que c’est arrivé naturellement, je me retrouve « lâchée dans la nature », telle une personne « normale »…

Ne croyez pas que je ne me réjouisse pas de ce « plus couette », bien au contraire ! C’est juste que j’ai l’impression de vivre un beau rêve et que je vais me réveiller…

Hier, aujourd’hui, demain

Hier… la félicité.

Il y a deux ans, à cette époque, je portais mon premier enfant. J’avais tardé à faire le test de grossesse… Puis une indescriptible félicité m’avait habitée deux petites semaines…

Mélancolie.

Aujourd’hui… des hauts, des bas.

Le moral qui va à peu près bien, la forme qui pourrait s’améliorer — vade retro torticolio !

Mon énervement en apprenant que le « téléphone arabe » marche à fond dans la famille éloignée avec des conclusions hâtives et des gens qui prêchent le faux pour savoir le vrai… Et puis qu’importe.

La joie de voir sortir les premières fleurs et mes mascottes prendre le soleil avec délectation…

Au jour le jour.

Demain, l’espoir fait vivre.

Le second entretien avec le nouveau psychologue lundi, l’IAC3 qui se profile à la frontière entre mars et avril, un printemps supplémentaire à ajouter à mon compteur en avril simultanément au verdict du rapport psy, des vacances au soleil en mai avec des amis de Ciconio en étant le seul couple sans enfants…

Appréhension et grandes espérances.

Ça va, la routine… Réaction après coup, et les autres…

Déjà, MERCI à toutes pour vos encouragements et votre gentillesse hier. Vous pensez parfois que c’est peu de choses, mais je vous assure que c’est ÉNORME ! Au moins, je ne me sens pas seule et je guette chacune de vos réactions avec enthousiasme.

Après, il faut quand même que je vous avoue que je ne suis pas au top du top du moral depuis ce matin. Comme toujours, je réagis après coup, c’est-à-dire : quasiment pas de réactions hier, limite à rigoler avec Ciconio — genre on le savait alors on s’en fout — mais assez morose aujourd’hui.

Je suis vraiment triste pour Koala et bien sûr je relativise ma situation…

Bref, ça va, la routine, quoi. Mais peut mieux faire. Je sais que ça va s’améliorer au fur et à mesure de la semaine.

Par contre, dans ces moments-là, je suis d’assez mauvaise humeur et je suis assez contente de bosser chez moi. Les seules êtres que je tolère sont mes mascottes. 😉

Et j’ai envie de cracher mon venin sur le premier qui m’agace !

Hier, une petite phrase de ma mère (déjà entendue à plusieurs reprises depuis l’échec de l’IAC1) m’a bien agacée. « Agacée » pour rester polie et courtoise. Elle répondait qu’elle était déçue de cet échec, qu’avec mon père ils y croyaient vraiment. Jusque-là, 20/20. Mais elle conclut par « Ce sera pour bientôt tout naturellement ! ». Ouais, ben tu peux y aller à l’église et prier Sainte-Rita, Sainte-Colette et toute la clique, parce que dis donc, y’a du travail côté « naturel ». J’en ai ras-le-TUUUT qu’elle me serine ça à chaque évocation de la PMA. Elle pense qu’on fait du tourisme sexuel en PMA ou quoi ? L’autre jour avec ses réflexions j’avais dû lui dire que oui, on essaye aussi naturellement. Mais qu’est-ce qu’elle croit, sérieux ! On ne va quand même pas lui faire un rapport détaillé !

Je n’ai rien répondu hier, et je pense que si elle m’appelle, je l’ignorerai. C’est comme si pour elle on faisait un caprice en faisant appel à la médecine. Comme si ça n’était pas légitime pour nous. Je ne supporte pas cette idée. On n’est pas là par plaisir !!! 😦

Ah, la famille… Je ne vous avais pas dit l’autre jour que ma belle-mère, qui pourtant n’a presque pas de défauts — clin d’œil à mon amie Ourse — a cafté à sa fille (ma BS, la sœur de Ciconio) sur notre parcours PMA ? Alors Ciconio qui habituellement fait toujours des mystères pour tout, n’a pas été choqué. Je n’ai rien dit mais j’ai pensé très fort que c’était terminé les petites confidences. D’ailleurs là, pour l’IAC2, Ciconio n’avait rien dit à sa famille et ça m’arrange bien. Ce n’est pas le fait que ma BS soit au courant (si Ciconio avait voulu lui en parler, je n’aurais pas eu d’objection), mais c’est le fait que ma BM ait cafté alors qu’on lui avait dit de le garder pour elle.

Je sais bien comment ça va se terminer, de toute manière. Toute ma belle-famille va finir par le savoir. Ma BM ou BS ne va pas le dire exprès (elles ne sont pas comme ça), mais ça va leur échapper à un moment ou à un autre. J’ai les oreilles qui sifflent quand j’imagine la grande famille de Ciconio qui parle de nous.

Pour l’adoption, la famille proche de Ciconio est au courant depuis la fin d’année. Et ma BS a trouvé intelligent de m’en parler le jour de Noël alors qu’il y avait des personnes non initiées à 2 mètres. Je n’avais pas envie d’en parler avec elle à cet endroit-là et à ce moment-là. Et là, finito, je n’ai plus envie d’en parler du tout, ni avec ma BM ni avec ma BS.

Bref, je suis de mauvais poil. Mais ça va passer, y’a plus malheureux que moi.

Ce qui me meut

Le jour de la prise de sang décisive se profile tout doucement à l’horizon. Je ne suis vraiment pas optimiste cette fois-ci, vu le mauvais timing ovulation-insémination évoqué précédemment. Encore 5 jours d’incertitude sans illusions. J’ai hâte de savoir lundi soir pour pouvoir arrêter la progestérone.

Physiquement, je suis assez fatiguée à cause de la progestérone, justement. Ma poitrine est très sensible et gonflée (comme si j’avais besoin de ça) : exit les jolis dessous pour la Saint-Valentin ! Ce ne serait rien si je n’étais pas somnolente la plupart du temps et si je n’avais pas les jambes lourdes, surtout la nuit. J’ai ressorti le coussin d’allaitement pour soutenir mes guibolles en dormant. Ça a marché : l’alliance yoga + coussin m’a permis de dormir à nouveau convenablement cette nuit. Et au diable les superstitions (je n’osais pas le réutiliser car je l’avais acheté étant enceinte).

Ces jours-ci, j’ai encore eu l’occasion de penser à ma vie et de ressasser des questions existentielles.

Où vais-je, où cours-je, dans quel état j’erre ?

Le comportement grognon d’un Ciconio épuisé ce week-end m’a laissé seule avec moi-même et avec mes questionnements. Je ne remets pas en cause le parcours PMA, je me projette déjà dans l’IAC3 qui si mes calculs se confirment aurait lieu au début du printemps. Je suis moins motivée dans mon travail, mais ça va encore. C’est plutôt de me dire que j’approche des 33 ans qui me saoule.

Je me demande parfois à quoi ça rime, tout ça ?

Je donnerais tout pour retrouver l’état d’esprit que j’avais en emménageant avec Ciconio en 2008. A l’époque, j’étais heureuse, je n’avais pas encore envie d’avoir des enfants (plus tard, me disais-je). Tout était source de joie. Je me souviens de Ciconio se moquant gentiment de moi parce que j’étais toute contente du petit abat-jour que j’avais acheté pour notre chambre. J’aimais découvrir notre nouvelle région, faire des kilomètres le week-end pour aller voir nos amis et nos familles. C’était un peu « l’aventure », cette nouvelle vie, pour moi. Après quelques mois, nous avons quitté notre location pour acheter notre première maison. Après plusieurs années à douter de moi, j’avais enfin confiance en moi, l’homme que j’aimais m’aimait, nous avions acheté une maison ensemble en 2009 et nous allions nous marier en 2010. Le mariage fut fabuleux. Je me souviens d’avoir littéralement été sur un nuage toute l’après-midi. Ce jour-là, il faisait très chaud, aux dires des invités. Moi, je n’ai senti ni la chaleur, ni la soif, rien que du bonheur.

A nos 1 an de mariage, il ne nous « manquait » que peu de choses : agrandir la famille et déménager un jour à la montagne. Une promotion de Ciconio nous a permis de réaliser ce dernier projet. En 2012, je venais de fêter mes 30 ans et nous vivions enfin dans la maison de nos rêves, dans la région de nos rêves. Celle où je passais mes vacances, petite. Ma région de cœur.

Je rêvais d’une maison comme celle-ci dans un cadre enchanteur, avec des chats et des chèvres, pour les enfants. Nous sommes en 2015. Nous avons la maison, le cadre enchanteur, deux chattes et deux chèvres.

Excusez mon goût prononcé pour le mélo. Tout ne va pas si mal. Nous nous aimons toujours autant avec Ciconio, mais nous avons perdu notre insouciance. Pourtant, je me souviens qu’en partageant notre désir d’enfant tout au début, nous ajoutions toujours « enfin, si ça marche, il y en a pour qui ça ne marche pas tout de suite ». Comme si nous pressentions que ça allait être un combat. Nous avions toujours en tête l’exemple des oncles de Ciconio n’ayant pas pu avoir d’enfants ou ayant dû passer par les FIV.

Depuis, nous avons vécu l’enfer de la fausse couche en 2013, l’envie d’agir en 2014 en nous lançant dans la PMA et l’adoption. J’ai encore le goût amer du rapport psychologique dans la bouche. Je redoute les deux séances avec le nouveau psy. Il ne nous a pas encore contactés, mais ça ne devrait plus trop tarder. La peur n’évite pas le danger… Je ne sais toujours pas sur quel pied danser et quel discours avoir face à lui. Devons-nous lui parler de la PMA en disant que nous nous sommes décidés cet hiver et avons essayé ? Je suis toujours dans le flou. Le flou total. En vérité, j’ai tellement été dégoûtée de cet acharnement de Maléfique que j’en ai encore mal aux tripes en y repensant. J’ai perdu confiance en notre capacité à convaincre que l’on puisse être de bons parents adoptifs. Les seuls au courant sont la famille de Ciconio, et moi je n’ai même pas réussi à en parler aux miens. J’ai honte de raconter ce rapport psy. J’ai tellement honte… J’aurais presque besoin d’une séance avec un psy pour me remettre des séances avec cette TUUUUUUUT de Maléfique. Vous y croyez, vous ?!

Quant à la nature, je ne lui fais plus trop confiance, contrairement à ce que me conseille ma mère. Comme si la nature nous avait fait des cadeaux depuis plus de 3 ans et demi ! Oui, ma mère a été exemplaire depuis notre coming-out PMesque à l’automne, sauf avec cette phrase prononcée à l’annonce de l’échec de l’IAC1 : « Il faut aussi essayer naturellement…! ». Nan, tu crois ?! ! Je n’y avais jamais pensé, tiens ! No comment.

Bref, dans mes moments de déprime, qui heureusement ne sont pas permanents, plus rien ne m’intéresse que de plonger mon esprit dans le virtuel avec des séries télé, des bouquins, de la musique, et mon corps dans la bouffe, le sommeil… J’aimerais pouvoir fonctionner en mode « tout automatique » en débranchant mes émotions de mon corps. « Vivre » comme un robot pour ne plus rien ressentir.

Je me demande « ce qui me meut ». Je ne sais plus trop.

L’amour de Ciconio, bien entendu. Celui de ma famille et de mes amis. Mais ce qui ressort en permanence et m’obsède, c’est devenir mère. Je n’arrive plus vraiment à trouver d’autre grand objectif dans ma vie. Si ça ne marche pas, j’ignore ce que je ferai. Je sais que c’est possible en lisant les témoignages des femmes qui sont passées par là. Mais je sais que ça me demandera des efforts surhumains.

J’essaye quand même la plupart du temps de m’occuper sainement, ce qui n’est pas évident quand c’est calme au boulot comme cette semaine. Je m’occupe en lisant et en commentant vos blogs, bien évidemment, puis en m’occupant de mes mascottes et de la maison. J’ai récemment fabriqué mon déodorant maison. J’utilise de moins en moins de produits non naturels. J’en étais déjà au bio et éco depuis un bail, y compris pour les produits ménagers, mais en ce moment j’ai plaisir à me renseigner sur ce que je peux fabriquer moi-même. Sans doute un besoin de me sentir « fertile » à ma manière. Je sais que vous me comprenez.

Et puis j’essaye tant bien que mal de me concentrer sur ce qui va bien. La beauté de ce qui m’entoure, déjà, hier le coucher de soleil rose-orangé sur les collines enneigées. Mes plantes qui grandissent bien et dont je prends soin… La douceur et l’espièglerie de mes mascottes. Le bien-être aux cours de yoga et de zumba, ou sur mes raquettes à neige. Ce matin, la surprise de recevoir plusieurs lettres de ma filleule de l’association. Ils s’étaient trompés d’adresse alors je reçois même sa lettre de décembre 2013. Mes larmes en lisant la traduction « maman » pour me désigner. Je suppose qu’il n’existe pas de « marraine » là-bas. La culpabilité d’avoir laissé en plan mon auto-apprentissage de sa langue, par paresse et découragement… Me dire qu’il faut que je reprenne les choses en main pour pouvoir lui écrire dans sa langue et comprendre ses lettres sans traduction.

Les chutes de neige de la semaine passée ont laissé place à un soleil resplendissant. Fini les corvées de pelletage et bonjour les promenades dans la nature. J’ai redécouvert cette sublime chanson de Ed Sheeran lors de ma promenade dominicale. J’adore quand un morceau s’accorde parfaitement avec le lieu et l’instant présent.

 

Je ne sais plus trop ce qui me meut, mais je continue quand même à avancer. Coûte que coûte.

IAC2

C’est du fin fond de mon igloo que je vous écris ! Ciconio et moi avons débuté la journée par une séance de pelletage de neige car Ciconio n’arrivait pas à remonter l’allée du jardin — déjà déneigée, mais super glissante — avec l’une de nos voitures. On a donc dû peller l’allée en pente de l’autre côté du jardin pour pouvoir descendre avec l’autre auto… Bref, on s’est oxygénés de bon matin, mon homme est quand même arrivé au boulot plus ou moins dans les temps… J’ai un peu mal aux reins… Le paysage est magnifique si on fait abstraction du côté pratique. J’ai la chance de travailler à domicile alors j’apprécie davantage la neige que ceux qui vont bosser en voiture !Igloo

Si l’IAC2 est un succès, baby, on t’inscrit d’office au cours de ski !

A part ça, tout s’est bien goupillé pour l’IAC2 de lundi matin. Enfin, tout, sauf mon ovulation… 😦

Nous avions tout prévu pour être zen : le départ la veille pour éviter les intempéries et un départ trop précoce le lundi matin, le resto le dimanche soir pour passer quand même un moment en amoureux malgré tout l’aspect médicalisé du truc, l’hôtel pour être à proximité du centre de PMA, l’arrivée pile poil à l’heure pour refaire notre dossier à l’accueil et à 8h00 piles à l’étage PMA pour signer le consentement, le retour de Ciconio de la salle de prélèvement pour m’accompagner à l’échographie…

Mais l’échographie pratiquée par Dr Adorable (la grande ponte (GP) femme de ce centre) a révélé que j’avais déjà ovulé. Comme lors de l’IAC1… 😦 D’après elle, ce n’est pas grave vu que les nageurs vivent quelques jours. On le sait bien. Le hic c’est qu’il vaut mieux qu’ils arrivent avant l’ovulation qu’après. En effet, l’ovule a une durée de vie de 12 à 24 heures. La période de fertilité se situe donc généralement entre 4 jours avant et 24 heures après l’ovulation.

Pas le choix, l’IAC2 aura bien lieu, j’ai ovulé, on ne peut plus rien y faire. On ne saura jamais si c’était dans les dernières heures ou pendant le week-end… Nous partons faire des courses avant de revenir pour le grand moment.

C’est le GP homme du centre qui  se charge de l’insémination. Par chance, il y a un peu moins de public que pour l’IAC1. Pas de roux ou vue 😛 Seuls l’infirmière, le GP et la biologiste sont là. Bravo Ciconio : 15 millions de nageurs sont prêts à engager la bataille ! J’ai encore beaucoup de mal à assumer d’être les jambes écartées sous les spotlights devant la galerie. Le passage est un petit peu douloureux, mais rapide. L’infirmière me recouvre d’une couverture, c’est fini. Il faut attendre 15 minutes. Je pense que le GP va partir comme Dr Adorable la dernière fois, mais visiblement nous sommes la seule IAC de la journée et il a le temps avant les transferts de FIV suivants.

En parlant de galerie, le GP est toujours aussi space, mais ce n’est pas un mauvais bougre. Il cherche toujours à étaler sa science, notamment devant les petites stagiaires qui arrivent en cours de route derrière le paravent (ouf, elles sont arrivées trop tard pour regarder, OUUUUUUUF). Il demande à toutes les personnes présentes si elles connaissent le peintre japonais Hokusai et son tableau La Grande Vague de Kanagawa. Ciconio et moi visualisons le tableau (qui a inspiré le logo d’une célèbre marque de vêtements de surfeurs), mais nous n’y connaissons pas grand chose en peinture japonaise. Le GP adore le Japon et va bientôt donner une conférence sur cet artiste dans le cadre de son association. Ce serait super intéressant s’il ne faisait pas sentir à tout le monde que nous n’y connaissons rien — contrairement à lui… Bref, passons. Il a certes l’égo surdimensionné, mais ça n’est pas grave tant qu’il reste correct avec nous. Je l’ai déjà entendu être très malpoli et désagréable à plusieurs reprises, alors pour le coup, je le trouve plutôt de bonne constitution !

Il s’adresse enfin à nous personnellement pour nous parler de notre cas. Il a l’air embêté que l’ovulation soit passée et s’enquiert du moment précis auquel elle a lieu. Comme je ne saurais le dire (vu que j’ai senti mon ovaire gauche pendant des jours depuis les stimulations), il nous dit que si elle a eu lieu ce week-end, c’est râpé. Je le savais qu’on aurait dû poneyer avec Ciconio samedi soir ! Dire qu’on n’a pas osé pour respecter la période d’abstinence, dééég. !!!

Il s’énerve du fait que personne ne m’ait prescrit de bloqueur d’ovulation alors que nous avons eu le même coup pour l’IAC1 et me demande comment ça se fait. Je réponds que je l’ignore.

Puis il nous demande d’évaluer nos chances de réussite pour cette tentative-ci. Je répète les statistiques données par ma gynéco de ville Dr Grande (tout en pensant qu’en réalité les chances sont bien moindres) : 1 sur 4. Il renchérit que nous sommes « bien optimistes » d’un air ironique, mais pas méchant. Je pense qu’il ne veut pas que nous nous faisions trop d’illusions. S’il savait comme je suis pessimiste la plupart du temps pour me protéger…

Que comptez-vous faire par la suite si cette IAC ne marche pas ?

Avant même que nous ayons le temps de répondre, il affirme que nous avons plusieurs options. Soit continuer les IAC en bloquant bien l’ovulation pour être sûr de cibler le jour J, soit « aller voir dans le ventre si quelque chose ne va pas » (pour quelqu’un qui aime ramener sa science, j’aurais aimé qu’il dise le nom exact de cette procédure ; j’imagine qu’il parle d’hystéroscopie ?), soit passer en FIV qui donne de meilleurs résultats.

Nous optons pour une prochaine IAC avec blocage et pour la suite, nous verrons. Je lui pose des questions sur le nombre d’IAC et de FIV pratiquées par an dans le centre, ce genre de choses. Les 15 minutes passées, nous ressortons de là un peu refroidis et assez déçus de savoir que si cette ovulation-ci avait été bloquée, nous serions plus confiants quant à son issue.

Là, nous ne sommes pas complètement défaitistes, mais pas super optimistes non plus… Au moins, ça met un peu moins de pression, je trouve. Enfin, on en reparle dans 10 jours 😉