Une échographie du 5e mois en demi-teinte… [Grossesse]

C’est dans une fraîcheur réconfortante après la longue période de canicule que je reviens vers vous pour partager ce moment fort qu’était l’échographie du cinquième mois.

« Fort » en bien et en moins bien…

Nous avions rendez-vous hier après-midi à Moyenne Ville, à l’hôpital de ma gynéco Dr Grande, là où j’accoucherai en fin d’année. J’ai dû patienter une heure et demie la vessie pleine avant que ce soit notre tour…

Nous avons enfin été reçus par le Chef de pôle que nous ne connaissions pas encore… Nous nous en serions bien passés ! Nous avons été très déçus par cet homme qui, peut-être pour impressionner la jeune stagiaire, a voulu nous donner — à tous — un cours magistral…

A peine j’étais installée le ventre à l’air et une fois les premières images affichées à l’écran, qu’il nous a demandé si c’est notre deuxième échographie, ce à quoi nous avons répondu que c’était en réalité notre quatrième…

« Ah bon, et comment ça ? » Et là, j’ai dû lancer un sujet que je n’avais pas envie, mais alors pas du tout envie d’évoquer, surtout pas dans une salle d’échographie : ma fausse couche… 😦 Pour lui, ce n’était pas une raison pour faire des échographies supplémentaires. Nous avons répondu que comme on nous l’avait proposé, on n’allait pas refuser ! Que ça nous avait rassurés, etc.

« Chef » a alors demandé à la stagiaire (et à nous) quelle était l’utilité du suivi de grossesse. Je ne détaillerai pas tout, mais en gros il trouve que ça ne sert à rien d’autre qu’à inquiéter les futurs parents et dépenser des sous. Il a cité l’exemple de la Norvège qui en fait moins que par ici et où soi-disant les résultats sont meilleurs.

Jusque-là tout allait bien. On se disait intérieurement qu’on tombait encore sur un de ces grands pontes qui aiment discourir et étaler leur science devant les stagiaires et les patients… (Souvenez-vous de ce cher GP…!)

Mais il a continué à insister lourdement sur la fausse couche, pendant quelle année et à quel moment de la grossesse, etc. Au bout d’un moment, j’ai senti que ma voix commençait à chevroter et j’ai su que s’il continuait comme ça, j’allais craquer. Mais je n’ai pas osé lui demander de changer de sujet.

Il a quand même réalisé l’échographie. Il a dit que j’avais rempli ma vessie pour rien, que c’étaient les jeunes qui demandaient ça, mais pas lui… Comment j’aurais pu le savoir ? Sinon, il a détaillé les mesures en donnant des explications plus à la stagiaire qu’à nous…

❤ Le plus important, c’est que Babybulle est en pleine forme et qu’il a tout ce qu’il faut là où il faut. ❤

Hier, il était hyper dynamique depuis le matin, comme s’il avait deviné qu’il serait le centre de l’attention ! 😉

Ciconio et moi avions les yeux rivés sur l’écran, tant et si bien que j’ai même zappé complètement une question hors sujet supplémentaire du « Chef ». Je me suis « excusée » en disant que je n’avais pas entendu parce que j’étais absorbée par l’observation de mon bébé (histoire de lui rappeler la véritable raison de notre présence). Nous n’étions pas là pour débattre des pratiques obstétricales ou de mon métier.

Je rêve, où les « grands pontes » — masculins j’entends — ont la fâcheuse tendance à s’écouter parler et à inonder les gens de paroles pour donner leur avis sur tout, même sur les métiers des autres ? J’hallucine. Comme j’ai regretté ma gynéco, toujours si délicate et attentionnée…!

« Le meilleur » a eu lieu à la fin. Babybulle a une semaine d’avance en termes de taille (et donc de poids estimé)… Sans explication, mon homme et moi en aurions juste déduit qu’il s’agit d’un « beau bébé » qui tient de son père (Ciconio est un grand gaillard de large envergure, qui pèse le double de mon poids et a donné du fil à retordre à sa maman à la naissance avec ses larges épaules et ses 4,100 kg fillette (pour toi Miliette)).

Seulement voilà, « Chef », après seulement deux-trois questions sur mon alimentation, pense que j’ai un apport trop important en sucres rapides (ce qui inclut si j’ai bien compris les yaourts aux fruits et les fruits eux-mêmes !!!). Il est vrai qu’à la belle saison, je suis assez friande de fruits, et par malchance et comme je suis honnête, à sa question « Qu’est-ce que vous avez pris comme dessert ce midi, une glace ?! » j’ai dû répondre l’abominable vérité : « Un chocolat liégeois ». « Mais c’est une glace ! » « Non, en crème dessert ! ». Il a lancé l’hypothèse que Babybulle était agité à cause du sucre de mon dessert du midi…! (WTF !!!)

Sur ces entrefaites, il a parlé régime. A l’écouter, je vais devoir manger des légumes matin, midi et soir à la place des fruits et des produits laitiers sucrés. Tenez-vous bien : pas plus d’un yaourt par jour semaine ! Moi qui trouvais sain, rafraîchissant (et plein de vitamines) de me faire un petit jus d’oranges pressées le matin, ben c’est pas bien non plus ! Pour « Chef », c’est même pire que de boire du jus en bouteille !

Je vous épargne la suite, mais il a dû voir mon air décontenancé car il a fini par dire un truc gentil du style que ce bébé avait de la chance parce qu’on voyait qu’il était très attendu. Il soufflait le chaud et le froid en quelque sorte, alors j’en ai eu les larmes aux yeux…

Puis il en a remis une couche sur la fausse couche, ce qui m’a fait couler quelques larmes. Qu’est-ce que je n’avais pas fait là ? Loin de le décourager, « Chef » a entrepris de me réeexpliquer par A + B à quel point on avait « fait une affaire avec cette fausse couche » (oui, en ces termes précis), en avançant des chiffres et des statistiques… Il nous a redemandé comment on faisait les bébés (si si je vous jure) et quand j’ai répondu qu’il fallait déjà un homme et une femme il a regardé la stagiaire en disant de moi que j’avais de bonnes réponses. Vas-y, prends-moi pour une c*nne.

Il a continué ses discours en arguant que pour lui les meilleures mères étaient au final celles qui ne faisaient pas de suivi de grossesse et arrivaient à l’accouchement « la fleur au fusil », parce que le mieux pour une grossesse c’était de ne rien faire de spécial (pourquoi il nous parle de régime sans sucres, alors !!!)… D’un « échange de regards » avec la stagiaire, j’ai compris qu’elle n’était pas du tout de cet avis (moi non plus)… Il a renchéri en disant que les meilleurs résultats en obstétrique avaient eu lieu pendant la guerre (WTF ?!!), par rapport au taux de sucre, etc.

Il a ressoufflé le chaud par une parole gentille, que ça allait bien se passer, que c’était un beau bébé et là j’étais repartie à pleurer (il faut dire que je n’avais pas encore réussi à sécher mes larmes)…

On est ressortis comme ça, tout le monde dans la salle d’attente m’a regardée (ils ont dû croire que notre bébé avait un problème grave !)… Ciconio était furax, même s’il avait gardé le silence pendant tout le discours de la fin sur le régime et la fausse couche.

« Ça n’aurait pas dû se passer comme ça, on aurait dû ressortir de là le sourire aux lèvres ! Ça aurait dû être un bon moment…! »

Je suis bien d’accord.

Après, si « Chef » s’était contenté de me parler de l’apport en sucres, je n’aurais jamais craqué nerveusement ainsi ! Je crois qu’il ne pensait pas à mal… Dans sa volonté de me réexpliquer le pourquoi du comment de la fausse couche et d’expliquer des choses à la stagiaire, il a été hyper relou et a juste été maladroit. Là où je lui en veux, c’est que mes larmes auraient dû lui faire comprendre qu’il fallait changer de sujet et qu’il a persisté dans son délire.

Quant aux fameux sucres rapides, dans tous les cas je devais refaire l’analyse d’urine du 5e mois (urine « perdue » par le laboratoire l’autre jour), et j’aurai le résultat de la glycosurie jeudi midi par courrier.

J’ai appelé ma doc pour savoir si je pouvais d’ores et déjà faire le test O’ Sullivan du glucose initialement prévu pour le 6e mois. Elle m’a donné son feu vert alors je vais essayer de le programmer la semaine prochaine. Elle m’a dit aussi que « Chef » était — je cite — « très bien, mais assez porté sur les régimes sans lactose et sans glucose ». Ça me rassure un petit peu. J’ai googlisé « Chef » et il paraît qu’il roule dans un vieux tacot pourri, a sept enfants et adore les randonnées « nature ». J’adore la nature aussi, sauf quand elle fait sa p*te.

Bref. S’il y a un risque de diabète gestationnel, je préfère le savoir afin de prendre les mesures adéquates s’il le faut !

❤ Mais j’espère que notre petit garçon (oui, BBB est un petit gars, comme je le pressentais depuis le tout début) tient juste de son grand gaillard de papa ❤

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Faut que je reste cool (zen, soyons zen) ! [Grossesse]

Depuis la nouvelle du plus il y a 8 jours, j’essaye de rester cool.

En apparence, j’y parviens aisément. Physiquement, rien à signaler à part cette sensation de pesanteur qui revient parfois. Pas de nausées. Mais de la fatigue : j’ai la forme un jour sur deux. Je fais des siestes, même en semaine (l’avantage de bosser chez soi). Je prends consciencieusement mes compléments alimentaires et j’essaye de bien manger. Je bois même du jus de légumes ! Bref, rien de bien nouveau par rapport à il y a une semaine.

Le problème, c’est mes mains. Depuis les rendez-vous avec le nouveau psy, j’avais eu des bouffées de chaleur certaines nuits, qui m’avaient donné des boutons de chaleur. Boutons que j’ai grattés, grattés, grattés jusqu’à avoir de belles mains bien gercées et bien rouges. Magnifaïques !

Il suffirait d’arrêter de me gratter ! Oui, sauf que ça devient une mauvaise habitude, un peu comme se ronger les ongles ou grincer des dents. Inarrêtable, comme dirait un commentateur sportif. Et l’huile d’amande douce à grands renforts ne suffit plus. Ça ne passe pas… Même ma journée de yoga hier n’a pas changé la donne.

Je me trouve dans la période critique, celle où ma fausse couche avait commencé il y a deux ans. Pour tout vous dire, comparé à il y a deux ans, tout est décalé de deux semaines (date des règles, date estimée de conception etc.). Hier, c’était la date anniversaire de la confirmation de ma fausse couche… Il y a deux ans, c’était le vendredi saint. On avait passé un week-end de Pâques de m*rde. Enfin, ç’aurait pu être pire si mes parents et ma sœur n’avaient pas fait 600 km pour le passer avec nous.

Chat échaudé…

Du coup, j’ai beau tenter d’éloigner ces mauvais souvenirs de ma tête et de me persuader que cette fois-ci sera la bonne, ça reste difficile. Ciconio aussi est stressé, tous les jours il me demande si je n’ai pas mal au ventre. J’ai beau lui expliquer que les tiraillements, c’est normal en début de grossesse, je vois bien que ça l’inquiète.

On ne pense qu’au 8 avril, date où Dr Grande nous confirmera une grossesse évolutive, si tout se passe bien.

Pour en revenir à mon problème de mains : ce matin, je me suis pointée à la pharmacie, ne sachant pas trop d’avance comment expliquer leur état. Si j’étais tombée sur la brune aux cheveux courts — la gentille qui court me donner ma commande pour que je ne fasse pas la queue — je ne me serais pas trop inquiétée. Mais elle ne travaillait pas ce matin et je suis tombée sur la patronne. Pour ceux qui ont bonne mémoire, c’est elle qui m’avait conseillé d’acheter ce qu’il fallait pour les vergetures alors que j’achetais du Spéciale Foldingue.

Vous auriez vu sa tête quand je lui ai montré honteusement mes mains. Ce n’est quand même pas si horrible que ça. Je vous jure ! Il y a juste 3-4 plaques rouges et sèches, des sortes d’engelures, rien de bien méchant. Ben madame est resté polie dans ses propos, mais alors, j’ai pu lire le dégoût dans ses yeux, comme si j’avais la lèpre. Elle s’est dite dubitative quant aux boutons de chaleur : « Il ne fait pas très chaud en ce moment ! ». Ben non conn*sse, je suis au courant qu’on n’est pas en été dans ces contrées, mais je ne viens pas de te dire que j’avais des bouffées de chaleur la nuit ? Ou je dois te faire un dessin ? Si je te dis que c’est des boutons de chaleur ! En plus, vive l’intimité dans une pharmacie, j’étais là à expliquer, me justifier presque, avec deux gars juste derrière mon dos. Je pense que tout le monde m’a prise pour une folle ! Ou alors je suis parano. En plus, j’ai été obligée de lui demander si cette crème était compatible avec une grossesse car je fais hyper gaffe à tout ce que je me mets sur la peau aussi. Et ce n’est sûrement pas à elle que j’aurais voulu parler de ma grossesse en premier !

En tous les cas, je suis ressortie de là avec une crème et des compresses pour me protéger les mains et m’empêcher de les gratter. Mais alors, le regard de la patronne de la pharmacie… J’en ai eu les larmes aux yeux sur le chemin du retour, et j’ai même versé ma petite larme chez moi. Pour une fois que je m’étais maquillée, en plus !

Bref, je suis retournée à la pharmacie. Et p*t*in, la boss, si je pouvais l’éviter la prochaine fois…!

Je mets tout ça sur le compte de ma nervosité vu les circonstances, et ma fatigue. Il n’y a objectivement rien de grave dans tout ça, mais on va dire que c’est encore un coup des hormones ! Pour le moment, tout va bien, on va essayer de se concentrer sur ça.

Zen, soyons zen !

Hier, aujourd’hui, demain

Hier… la félicité.

Il y a deux ans, à cette époque, je portais mon premier enfant. J’avais tardé à faire le test de grossesse… Puis une indescriptible félicité m’avait habitée deux petites semaines…

Mélancolie.

Aujourd’hui… des hauts, des bas.

Le moral qui va à peu près bien, la forme qui pourrait s’améliorer — vade retro torticolio !

Mon énervement en apprenant que le « téléphone arabe » marche à fond dans la famille éloignée avec des conclusions hâtives et des gens qui prêchent le faux pour savoir le vrai… Et puis qu’importe.

La joie de voir sortir les premières fleurs et mes mascottes prendre le soleil avec délectation…

Au jour le jour.

Demain, l’espoir fait vivre.

Le second entretien avec le nouveau psychologue lundi, l’IAC3 qui se profile à la frontière entre mars et avril, un printemps supplémentaire à ajouter à mon compteur en avril simultanément au verdict du rapport psy, des vacances au soleil en mai avec des amis de Ciconio en étant le seul couple sans enfants…

Appréhension et grandes espérances.

Agenda T.V. – Les maternelles – L’AMP, quand ça ne marche pas

Vu et approuvé ce matin.
Le lien du replay en EDIT dès qu’il sera disponible sur la toile.
BISOUS

Association de patients de l'AMP et de personnes infertiles.

les maternelles 2

Un petit rappel, le jeudi 5 mars 8 h 55 : émission sur « L’amp, quand ça ne marche pas »……

Demain donc.

Les Maternelles avec du BAMP dedans ? Oui, car des adhérents ont témoigné, suite à l’appel à témoignage, des journalistes pour la préparation de l’émission.

Nous attendons vos retours sur le traitement de ce sujet difficile : sortir d’un parcours AMP sans enfant.

Le collectif BAMP, porte une attention particulière aux personnes qui sortent du parcours d’amp sans enfant. En entrant en PMA, nous sommes tous potentiellement en « risque » d’en sortir sans enfant. Car aucune statistique, aucun médecin, ne peuvent certifier que le traitement médical de l’infertilité puisse aboutir automatiquement à une grossesse et à un bébé.

Nous souhaitons donner la parole aux couples, aux personnes qui vivent cette situation, qui se trouvent dans les étapes douloureuses du deuil de la grossesse, du deuil de l’enfant qui n’arrivera jamais…

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Je suis #1couplesur6 + Pétition pour aider les Québécois

Je suis #1couplesur6 + Pétition pour maintenir la PMA au Québec

Ce matin, ce texte publié sur le site Émotions in vitro m’a beaucoup parlé…!

Alors je partage.

Et j’ai signé la pétition pour le Maintien du Programme québécois de procréation assistée.

Les Québécois se sont mobilisés pour que BAMP! reste en pôle position, alors à nous de les aider !

Ça va, la routine… Réaction après coup, et les autres…

Déjà, MERCI à toutes pour vos encouragements et votre gentillesse hier. Vous pensez parfois que c’est peu de choses, mais je vous assure que c’est ÉNORME ! Au moins, je ne me sens pas seule et je guette chacune de vos réactions avec enthousiasme.

Après, il faut quand même que je vous avoue que je ne suis pas au top du top du moral depuis ce matin. Comme toujours, je réagis après coup, c’est-à-dire : quasiment pas de réactions hier, limite à rigoler avec Ciconio — genre on le savait alors on s’en fout — mais assez morose aujourd’hui.

Je suis vraiment triste pour Koala et bien sûr je relativise ma situation…

Bref, ça va, la routine, quoi. Mais peut mieux faire. Je sais que ça va s’améliorer au fur et à mesure de la semaine.

Par contre, dans ces moments-là, je suis d’assez mauvaise humeur et je suis assez contente de bosser chez moi. Les seules êtres que je tolère sont mes mascottes. 😉

Et j’ai envie de cracher mon venin sur le premier qui m’agace !

Hier, une petite phrase de ma mère (déjà entendue à plusieurs reprises depuis l’échec de l’IAC1) m’a bien agacée. « Agacée » pour rester polie et courtoise. Elle répondait qu’elle était déçue de cet échec, qu’avec mon père ils y croyaient vraiment. Jusque-là, 20/20. Mais elle conclut par « Ce sera pour bientôt tout naturellement ! ». Ouais, ben tu peux y aller à l’église et prier Sainte-Rita, Sainte-Colette et toute la clique, parce que dis donc, y’a du travail côté « naturel ». J’en ai ras-le-TUUUT qu’elle me serine ça à chaque évocation de la PMA. Elle pense qu’on fait du tourisme sexuel en PMA ou quoi ? L’autre jour avec ses réflexions j’avais dû lui dire que oui, on essaye aussi naturellement. Mais qu’est-ce qu’elle croit, sérieux ! On ne va quand même pas lui faire un rapport détaillé !

Je n’ai rien répondu hier, et je pense que si elle m’appelle, je l’ignorerai. C’est comme si pour elle on faisait un caprice en faisant appel à la médecine. Comme si ça n’était pas légitime pour nous. Je ne supporte pas cette idée. On n’est pas là par plaisir !!! 😦

Ah, la famille… Je ne vous avais pas dit l’autre jour que ma belle-mère, qui pourtant n’a presque pas de défauts — clin d’œil à mon amie Ourse — a cafté à sa fille (ma BS, la sœur de Ciconio) sur notre parcours PMA ? Alors Ciconio qui habituellement fait toujours des mystères pour tout, n’a pas été choqué. Je n’ai rien dit mais j’ai pensé très fort que c’était terminé les petites confidences. D’ailleurs là, pour l’IAC2, Ciconio n’avait rien dit à sa famille et ça m’arrange bien. Ce n’est pas le fait que ma BS soit au courant (si Ciconio avait voulu lui en parler, je n’aurais pas eu d’objection), mais c’est le fait que ma BM ait cafté alors qu’on lui avait dit de le garder pour elle.

Je sais bien comment ça va se terminer, de toute manière. Toute ma belle-famille va finir par le savoir. Ma BM ou BS ne va pas le dire exprès (elles ne sont pas comme ça), mais ça va leur échapper à un moment ou à un autre. J’ai les oreilles qui sifflent quand j’imagine la grande famille de Ciconio qui parle de nous.

Pour l’adoption, la famille proche de Ciconio est au courant depuis la fin d’année. Et ma BS a trouvé intelligent de m’en parler le jour de Noël alors qu’il y avait des personnes non initiées à 2 mètres. Je n’avais pas envie d’en parler avec elle à cet endroit-là et à ce moment-là. Et là, finito, je n’ai plus envie d’en parler du tout, ni avec ma BM ni avec ma BS.

Bref, je suis de mauvais poil. Mais ça va passer, y’a plus malheureux que moi.

Ce qui me meut

Le jour de la prise de sang décisive se profile tout doucement à l’horizon. Je ne suis vraiment pas optimiste cette fois-ci, vu le mauvais timing ovulation-insémination évoqué précédemment. Encore 5 jours d’incertitude sans illusions. J’ai hâte de savoir lundi soir pour pouvoir arrêter la progestérone.

Physiquement, je suis assez fatiguée à cause de la progestérone, justement. Ma poitrine est très sensible et gonflée (comme si j’avais besoin de ça) : exit les jolis dessous pour la Saint-Valentin ! Ce ne serait rien si je n’étais pas somnolente la plupart du temps et si je n’avais pas les jambes lourdes, surtout la nuit. J’ai ressorti le coussin d’allaitement pour soutenir mes guibolles en dormant. Ça a marché : l’alliance yoga + coussin m’a permis de dormir à nouveau convenablement cette nuit. Et au diable les superstitions (je n’osais pas le réutiliser car je l’avais acheté étant enceinte).

Ces jours-ci, j’ai encore eu l’occasion de penser à ma vie et de ressasser des questions existentielles.

Où vais-je, où cours-je, dans quel état j’erre ?

Le comportement grognon d’un Ciconio épuisé ce week-end m’a laissé seule avec moi-même et avec mes questionnements. Je ne remets pas en cause le parcours PMA, je me projette déjà dans l’IAC3 qui si mes calculs se confirment aurait lieu au début du printemps. Je suis moins motivée dans mon travail, mais ça va encore. C’est plutôt de me dire que j’approche des 33 ans qui me saoule.

Je me demande parfois à quoi ça rime, tout ça ?

Je donnerais tout pour retrouver l’état d’esprit que j’avais en emménageant avec Ciconio en 2008. A l’époque, j’étais heureuse, je n’avais pas encore envie d’avoir des enfants (plus tard, me disais-je). Tout était source de joie. Je me souviens de Ciconio se moquant gentiment de moi parce que j’étais toute contente du petit abat-jour que j’avais acheté pour notre chambre. J’aimais découvrir notre nouvelle région, faire des kilomètres le week-end pour aller voir nos amis et nos familles. C’était un peu « l’aventure », cette nouvelle vie, pour moi. Après quelques mois, nous avons quitté notre location pour acheter notre première maison. Après plusieurs années à douter de moi, j’avais enfin confiance en moi, l’homme que j’aimais m’aimait, nous avions acheté une maison ensemble en 2009 et nous allions nous marier en 2010. Le mariage fut fabuleux. Je me souviens d’avoir littéralement été sur un nuage toute l’après-midi. Ce jour-là, il faisait très chaud, aux dires des invités. Moi, je n’ai senti ni la chaleur, ni la soif, rien que du bonheur.

A nos 1 an de mariage, il ne nous « manquait » que peu de choses : agrandir la famille et déménager un jour à la montagne. Une promotion de Ciconio nous a permis de réaliser ce dernier projet. En 2012, je venais de fêter mes 30 ans et nous vivions enfin dans la maison de nos rêves, dans la région de nos rêves. Celle où je passais mes vacances, petite. Ma région de cœur.

Je rêvais d’une maison comme celle-ci dans un cadre enchanteur, avec des chats et des chèvres, pour les enfants. Nous sommes en 2015. Nous avons la maison, le cadre enchanteur, deux chattes et deux chèvres.

Excusez mon goût prononcé pour le mélo. Tout ne va pas si mal. Nous nous aimons toujours autant avec Ciconio, mais nous avons perdu notre insouciance. Pourtant, je me souviens qu’en partageant notre désir d’enfant tout au début, nous ajoutions toujours « enfin, si ça marche, il y en a pour qui ça ne marche pas tout de suite ». Comme si nous pressentions que ça allait être un combat. Nous avions toujours en tête l’exemple des oncles de Ciconio n’ayant pas pu avoir d’enfants ou ayant dû passer par les FIV.

Depuis, nous avons vécu l’enfer de la fausse couche en 2013, l’envie d’agir en 2014 en nous lançant dans la PMA et l’adoption. J’ai encore le goût amer du rapport psychologique dans la bouche. Je redoute les deux séances avec le nouveau psy. Il ne nous a pas encore contactés, mais ça ne devrait plus trop tarder. La peur n’évite pas le danger… Je ne sais toujours pas sur quel pied danser et quel discours avoir face à lui. Devons-nous lui parler de la PMA en disant que nous nous sommes décidés cet hiver et avons essayé ? Je suis toujours dans le flou. Le flou total. En vérité, j’ai tellement été dégoûtée de cet acharnement de Maléfique que j’en ai encore mal aux tripes en y repensant. J’ai perdu confiance en notre capacité à convaincre que l’on puisse être de bons parents adoptifs. Les seuls au courant sont la famille de Ciconio, et moi je n’ai même pas réussi à en parler aux miens. J’ai honte de raconter ce rapport psy. J’ai tellement honte… J’aurais presque besoin d’une séance avec un psy pour me remettre des séances avec cette TUUUUUUUT de Maléfique. Vous y croyez, vous ?!

Quant à la nature, je ne lui fais plus trop confiance, contrairement à ce que me conseille ma mère. Comme si la nature nous avait fait des cadeaux depuis plus de 3 ans et demi ! Oui, ma mère a été exemplaire depuis notre coming-out PMesque à l’automne, sauf avec cette phrase prononcée à l’annonce de l’échec de l’IAC1 : « Il faut aussi essayer naturellement…! ». Nan, tu crois ?! ! Je n’y avais jamais pensé, tiens ! No comment.

Bref, dans mes moments de déprime, qui heureusement ne sont pas permanents, plus rien ne m’intéresse que de plonger mon esprit dans le virtuel avec des séries télé, des bouquins, de la musique, et mon corps dans la bouffe, le sommeil… J’aimerais pouvoir fonctionner en mode « tout automatique » en débranchant mes émotions de mon corps. « Vivre » comme un robot pour ne plus rien ressentir.

Je me demande « ce qui me meut ». Je ne sais plus trop.

L’amour de Ciconio, bien entendu. Celui de ma famille et de mes amis. Mais ce qui ressort en permanence et m’obsède, c’est devenir mère. Je n’arrive plus vraiment à trouver d’autre grand objectif dans ma vie. Si ça ne marche pas, j’ignore ce que je ferai. Je sais que c’est possible en lisant les témoignages des femmes qui sont passées par là. Mais je sais que ça me demandera des efforts surhumains.

J’essaye quand même la plupart du temps de m’occuper sainement, ce qui n’est pas évident quand c’est calme au boulot comme cette semaine. Je m’occupe en lisant et en commentant vos blogs, bien évidemment, puis en m’occupant de mes mascottes et de la maison. J’ai récemment fabriqué mon déodorant maison. J’utilise de moins en moins de produits non naturels. J’en étais déjà au bio et éco depuis un bail, y compris pour les produits ménagers, mais en ce moment j’ai plaisir à me renseigner sur ce que je peux fabriquer moi-même. Sans doute un besoin de me sentir « fertile » à ma manière. Je sais que vous me comprenez.

Et puis j’essaye tant bien que mal de me concentrer sur ce qui va bien. La beauté de ce qui m’entoure, déjà, hier le coucher de soleil rose-orangé sur les collines enneigées. Mes plantes qui grandissent bien et dont je prends soin… La douceur et l’espièglerie de mes mascottes. Le bien-être aux cours de yoga et de zumba, ou sur mes raquettes à neige. Ce matin, la surprise de recevoir plusieurs lettres de ma filleule de l’association. Ils s’étaient trompés d’adresse alors je reçois même sa lettre de décembre 2013. Mes larmes en lisant la traduction « maman » pour me désigner. Je suppose qu’il n’existe pas de « marraine » là-bas. La culpabilité d’avoir laissé en plan mon auto-apprentissage de sa langue, par paresse et découragement… Me dire qu’il faut que je reprenne les choses en main pour pouvoir lui écrire dans sa langue et comprendre ses lettres sans traduction.

Les chutes de neige de la semaine passée ont laissé place à un soleil resplendissant. Fini les corvées de pelletage et bonjour les promenades dans la nature. J’ai redécouvert cette sublime chanson de Ed Sheeran lors de ma promenade dominicale. J’adore quand un morceau s’accorde parfaitement avec le lieu et l’instant présent.

 

Je ne sais plus trop ce qui me meut, mais je continue quand même à avancer. Coûte que coûte.

DNLSP, tu m’as bien eue (encore) !!!

Heureusement que je n’ai pas écrit cet article cette nuit, le test négatif à la main et les cernes sous les yeux, ni ce matin, la douleur au ventre et au cœur, sinon j’aurais été plous que voulgaire.

J’ai préféré avaler 1 g d’ibuprofène pour faire taire ces crampes utérines, engloutir une tasse de café — parce que non je ne suis pas tombée enceinte miraculeusement — alors on fait p’ter la caféine, puis appeler les sages-femmes du centre de PMA afin de rempiler pour une seconde tentative : IAC 2.

Je dis bien « seconde », pas « deuxième », car si je ne m’abuse, « seconde » sous-entend « dernière ». L’espoir fait survivre. J’en ai toujours un peu en stock, idiote que je suis.

Je me demande encore pourquoi et comment j’ai eu l’utérus empesé et parfois douloureux pendant 9 jours. 9 jours ! Y a-t-il eu tentative d’accroche ou est-ce que ce sont mes hormones qui n’en font qu’à leur tête ?! Je ne le saurai jamais. J’aurais tellement mieux supporté un cycle banal sans surprises.

Comme je l’ai déjà dit, le psychotage est malheureusement notre lot à tous sur cette blogosphère…

Ça ne fait que 3 ans 1/2 que j’attends, je ne suis plus à 3 ans près, hein.

J’avais rêvé l’espace de quelques heures d’insomnie de pouvoir bientôt annoncer à ma grand-mère qui est à l’hôpital que j’étais enceinte. J’avais rêvé de pouvoir dire au nouveau psy de remballer ses questions sur le deuil de l’enfant biologique parce nous allions bientôt en avoir un et que ce pseudo-problème était réglé. J’avais rêvé de faire partie du groupe de femmes dont j’ai appris la grossesse ces jours-ci. J’avais rêvé du mot « bébé ».

Au moins, le lancement de l’IAC 2 me permet de me projeter immédiatement sur la suite. J1 aujourd’hui, J6 mardi pour le début des piquouses, J9 vendredi prochain avec Dr Grande ma super gynéco de ville à Moyenne Ville. Dans l’idéal, l’IAC aurait lieu le dimanche 1er ou le lundi 2 février, jours où Ciconio ne travaille pas.

Je croise les plumes et je pense à vous aussi. Serrons-nous les ailes !