Ça, c’est fait !

Cette semaine, j’avais décidé d’écrire aux députés de ma circonscription dès que j’aurais une heure devant moi (et les yeux en face des trous surtout !).

C’est désormais chose faite.

L’asso BAMP! et certaines blogueuses PMettes (ex. : Plume) m’ont mâché le travail en donnant la liste des députés de chaque département et en proposant carrément des modèles de lettre.

Grâce à ces dames, j’ai donc mis peu de temps à personnaliser ma lettre et à l’envoyer par e-mail (1 heure montre en main).

3 noms de député(e) vont donc pouvoir passer du bleu au rouge.

Pourtant, j’aurais pu me dire… « À quoi bon, moi je ne suis pas salariée, et je ne retournerai peut-être pas en PMA… Après tout, nos deux IAC n’ont pas fonctionné, c’est finalement DN — pas si « P » que ça pour le coup — qui nous a fait un beau cadeau naturel… Pour la suite, on réessayera naturellement et/ou on adoptera, maintenant qu’on a l’agrément… »

Sauf que non.

Non, malgré notre parcours relativement court et léger (on n’a connu que 2 tentatives, on ignore ce qu’est une FIV !), impossible d’oublier la souffrance que l’infertilité engendre ! Je ne peux qu’être solidaire des personnes qui sont sur ce chemin difficile ou vont devoir l’emprunter un jour.

Je n’écris pas tout ça pour faire la morale ou me déculpabiliser de ma grossesse naturelle miraculeuse (quoique pour cette dernière, c’est possible), mais juste pour vous dire que c’est beaucoup plus rapide et simple qu’il n’y paraît d’écrire à sa/son/ses député(e)(s)…

Je suis persuadée que vous pouvez faire mieux que moi en mettant moins d’1 heure montre en main ! 😉

Alors, à qui le tour ?

PS : au cas où quelqu’un se lancerait, voici ma lettre 🙂

Madame la Députée, / Monsieur le Député,
Citoyenne ayant dû avoir recours à l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP), je sollicite naturellement votre attention sur l’amendement relatif aux salarié(e)s engagé(e)s dans un tel parcours pour cause d’infertilité avérée. Cet amendement, proposé et voté par le sénat, entre dans le projet de loi de modernisation du système de santé.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’infertilité est loin d’être marginale, puisqu’elle concerne un couple sur six. Vous connaissez forcément autour de vous, voire même dans votre entourage proche, une personne infertile impliquée dans un parcours AMP, mais cela reste un sujet tabou.
Une fois le diagnostic d’infertilité posé, le couple se retrouve dans un véritable parcours du combattant médical. Si, en France, le recours à l’AMP est une chance, il est également très chronophage et requiert une difficile conciliation avec la vie professionnelle.
L’AMP nécessite de fréquents examens médicaux (multiples prises de sang et contrôles échographiques, recueils, ponctions ovocytaires nécessitant obligatoirement une hospitalisation), qui s’effectuent parfois dans un centre éloigné du domicile ou du lieu de travail, voire des deux.
Le salarié se retrouve ainsi à jongler avec ses horaires de travail et les horaires imposés par l’institution médicale. Malgré l’énergie déployée pour arriver à tout concilier dans son agenda, il arrive, malheureusement, que ce dernier doive s’absenter ou répondre à son employeur (ou supérieur hiérarchique) de ses retards. Vous imaginez sans peine les difficultés professionnelles que cela peut engendrer à terme.
En outre, il s’avère que cette absence de prise en compte dans le code du travail contraste avec la protection prévue en cas de don d’ovocyte. En effet, la loi protège les donneuses d’ovocytes qui suivent pourtant exactement le même parcours (nombreux examens, prises de sang, échographies, ponction ovocytaire). L’article L. 1244-5 du code de la santé publique stipule que : « La donneuse bénéficie d’une autorisation d’absence de son employeur pour se rendre aux examens et se soumettre aux interventions nécessaires à la stimulation ovarienne et au prélèvement ovocytaire. Lorsque la donneuse est salariée, l’autorisation est accordée dans les conditions prévues au second alinéa de l’article L. 1225-16 du code du travail ». La référence à cette disposition du code du travail a pour effet d’assimiler l’absence autorisée à une période de travail.
Il apparaît qu’il y a une différence de prise en compte flagrante entre les donneuses d’ovocytes et les patient(e)s atteint(e)s d’infertilité. Infertilité qui – je le rappelle – concerne un couple sur six !
Pour réparer cette injustice, le sénat propose donc cet amendement qui sera inclus dans la loi santé devant être votée à la fin de l’année à l’Assemblée nationale. Cet amendement ne suffit pas : il ne concerne pas les hommes, qui, eux, n’ont aucun régime d’autorisation d’absence alors que leur présence est exigée par la loi à chaque transfert d’embryon, et également exigée par la force des choses en cas de ponction.
Comme des milliers de patients en parcours AMP, mon mari et moi avons dû adapter notre temps de travail en fonction des rendez-vous médicaux et parcourir près de 100 km pour chaque visite. Exerçant une activité libérale, j’ai pu adapter mon temps de travail assez aisément, mais mon mari a dû poser des R.T.T. et demander des autorisations d’absence à sa hiérarchie à plusieurs reprises.
Après deux inséminations artificielles infructueuses, nous avons eu la chance de voir arriver naturellement un petit miracle dans notre vie. En effet, et pour notre plus grand bonheur, nous attendons un petit garçon dont la naissance est prévue début décembre 2015.
Nous n’en oublions pas pour autant tous ces couples à qui la nature n’a pas fait de cadeau.
Pour eux, pour tous les couples infertiles… Il serait temps de faire évoluer notre système de santé et, notamment, le code du travail afin de prévoir un régime d’autorisation d’absences pour les salarié(e)s (femmes ET hommes) bénéficiant d’une assistance médicale à la procréation et empêcher que l’engagement dans un processus de PMA ne puisse entraîner une discrimination à l’embauche.
Pour tout complément d’information, je vous invite à consulter le site de l’association BAMP!, une association de patients AMP et de personnes infertiles, et plus particulièrement cette page :
Je reste bien entendu à votre disposition pour toute question ou tout renseignement complémentaire.
Vous remerciant de l’intérêt que vous voudrez bien prêter à mon courrier, je vous prie d’agréer, Madame la Députée / Monsieur le Député, l’expression de ma considération distinguée.
Madame Ciconia Tenvapas
Adresse du nid
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